L'effet antidépresseur de la théobromine

 

 

Dépression

 

Un des effets de la théobromine sur le cerveau est son action d’antidépresseur. Avant de voir comment celle-ci agit, il est important de définir ce qu’est la dépression : cette dernière se caractérise sur un individu par un état durable de profonde tristesse, d’impression d’impuissance, de détresse et d’abattement. Elle est l’extension du stress chronique, qui lui est défini par la réaction de l’organisme en situation épuisante, dangereuse ou angoissante, par une adaptation à un environnement changeant. C’est également un état de perturbation de l’individu, lors d’agressions extérieures.

 

 

Sérotonine et sentiment de bonheur

 

L’état dépressif est en grande partie dû à un manque de sérotonine, un neurotransmetteur régulateur de l’humeur et de l’émotivité. Également appelé “hormone* du bonheur”, celle-ci permet une sensation de bien-être.

 

Il est ainsi conçu certains antidépresseurs dont le but est d’augmenter la teneur en sérotonine de l’organisme, mais dans le cas qui nous intéresse ici, nous relèverons que ce neurotransmetteur est produit dans le cerveau par les cellules nerveuses à partir d’une transformation : celle du tryptophane lors du passage de la barrière hémato-encéphalique*.

Le tryptophane est un acide aminé essentiel* présent dans de nombreux aliments tels que le poisson, la viande et les oeufs.

 

On peut alors se demander quel rôle joue ici la théobromine présente dans le chocolat.

 

Les deux molécules (théobromine et tryptophane) arrivant au cerveau par voie sanguine, il s’avère que la quantité de tryptophane pouvant se transformer en sérotonine est restreinte d’emblée car elle est liée à trois usages distincts :

- Elle participe à la synthèse des protéines ;

- Elle est également à l’origine du précurseur de l’acide xanthurénique et de l’acide nicotinique, le kynurénine ;

- Enfin, elle est présente dans le but de synthétiser la sérotonine.

 

Lors du passage de la barrière hémato-encéphalique, une portion de tryptophane (celle liée à l’albumine* ) est rejetée. Ceci a encore pour conséquence une diminution du taux de tryptophane pouvant potentiellement permettre la synthèse de la sérotonine.

Aussi et principalement, cette quantité est très dépendante des autres acides aminés en circulation car ceux-ci limitent son entrée dans le cerveau.

 

On observe donc que même si le tryptophane peut être présent en quantité importante dans l’organisme, il est trop sollicité par celui-ci pour synthétiser une quantité suffisante de sérotonine menant à des effets perceptibles. On tiendra à noter que ce tryptophane est d’ailleurs un constituant du cacao.

Schéma des limitations de la pénétration en tryptophane

 

 

Ici, le but de la théobromine est donc d'accroître la pénétration de tryptophane au niveau  de la barrière hémato-encéphalique, ce qui engendre une production de sérotonine supérieure et donc un sentiment de bonheur effectif.

 

 

Sérotonine et régulation du stress

 

Un second aspect peut également être dégagé : la sérotonine est liée à la noradrénaline comme à la dopamine dans leur rapport avec l’anxiété. En effet, elle participe, tout comme ces deux neurotransmetteurs, à la régulation de l’hormone responsable du stress : le cortisol.

 

Quand l’organisme est en situation de stress, le cortisol est synthétisé à partir du cholestérol au niveau de la partie externe de la glande surrénale*, cela fait donc croître le pourcentage de glucocorticoïde* sanguin. Néanmoins, il existe un rétro-contrôle négatif qui agit sur l’organisme de telle façon que l’augmentation soudaine du cortisol bloque la production des glucocorticoïdes.

 

Les individus atteints de dépression ne parviennent pas à réguler le cortisol de cette façon, ce qui provoque chez eux des taux de glucocorticoïde anormalement élevés, aboutissant à la dégradation du fonctionnement de neurotransmetteurs de l'hippocampe* tels ceux précédemment cités impliqués dans le mécanisme de dépression (sérotonine…).

Cette présence excessive provoque de manière parallèle une diminution du tryptophane disponible pour être synthétisé en sérotonine ainsi que de la quantité de celui-ci pouvant réellement pénétrer dans le cerveau, c’est-à-dire non lié à l’albumine comme précédemment énoncé.

 

En conséquence, on en déduit que la régulation exercée sur le cortisol par ces neurotransmetteurs permet indirectement de les maintenir en parfait état et d’agir sur le bien-être de l’individu.

 

Schéma conditionnel lié à la régulation du stress par les neurotransmetteurs 

 

 

Conclusion

 

Ces informations permettent donc de mettre en avant l’effet antidépresseur de la théobromine, impliqué dans la fabrication de la sérotonine.

 

De plus, le chocolat étant composé de tryptophane, cet effet apaisant est renforcé. Il en est de même grâce à la présence de phényléthylamine, neurotransmetteur proche des amphétamines* qui lui aussi agit contre le stress.

 

S’il est essentiel de noter que la théobromine est en trop faible quantité pour permettre de percevoir directement ses effets, il demeure cependant important de mettre en exergue l’agissement de ceux-ci sur l’individu.